Ce qui change

Plan d'électrification : 109 territoires pilotes désignés

109 territoires ont été retenus le 10 septembre 2026 pour accélérer la sortie du gaz et du fioul, avec un accompagnement renforcé jusqu'en 2030.

Cent neuf territoires retenus parmi 197 candidatures

La ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, a dévoilé le 10 septembre 2026 la liste des 109 territoires pilotes retenus pour accélérer la sortie des énergies fossiles dans le chauffage et les transports. Le choix s'est fait parmi 197 candidatures déposées par des intercommunalités, des communautés d'agglomération ou des régions entières — Saint-Maur-des-Fossés dans le Val-de-Marne, l'agglomération Pays basque, la communauté de communes Terre de Beauce en Eure-et-Loir, la Corse, la Martinique et La Réunion en font partie. Au total, ces territoires représentent près de 6 700 communes et concernent 14,8 millions de Français. Dans la Marne comme dans les Ardennes, les services de l'État ont confirmé la participation de leur territoire à ce dispositif, qui entre désormais dans sa phase de mise en œuvre. Le profil des lauréats est majoritairement rural, un choix cohérent avec l'objectif de sortie du fioul et du propane, plus répandus hors des grandes agglomérations que dans les zones déjà raccordées à un réseau de gaz ou de chaleur urbain.

IndicateurValeur
Territoires sélectionnés109 sur 197 candidatures
Communes couvertesprès de 6 700
Population concernée14,8 millions de Français
Financement mobilisable (CEE)jusqu'à 10 milliards d'euros

Un choix qui s'inscrit dans un plan présenté en avril 2026

La sélection du 10 septembre n'est pas un texte isolé : elle exécute un plan de 22 mesures présenté en avril 2026 par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui avait ouvert les candidatures jusqu'au 1er juin. Le choix des lauréats a été instruit par les préfets de région, en lien avec le Secrétariat général à la planification écologique, sur la base de la solidité des dossiers déposés avant cette date. Ce plan reste un ensemble de mesures administratives et budgétaires, pas un décret unique, et son financement s'appuie surtout sur les certificats d'économie d'énergie : une enveloppe pouvant atteindre 10 milliards d'euros est mobilisable par ce biais, à quoi s'ajoute 1,2 milliard d'euros de crédits budgétaires nouveaux prévus pour 2027, fléchés notamment vers l'hydrogène. Cette enveloppe n'est pas réservée aux 109 territoires : elle finance l'ensemble du plan national d'électrification, dont ces zones ne sont que le premier maillon. La désignation des territoires est donc actée ; ce que chacun en fera reste à écrire dans les mois qui viennent.

Pour les territoires retenus, un accompagnement resserré jusqu'en 2030

Chaque territoire désigné bénéficie d'un référent dédié au sein de l'Ademe, chargé de faciliter l'accès aux dispositifs nationaux existants plutôt que d'en créer de nouveaux : identifier les réseaux de gaz à déclasser en priorité, articuler les aides déjà disponibles et accompagner la communication locale — une aide en ingénierie que le gouvernement juge nécessaire, les élus concernés n'ayant pour la plupart jamais eu à piloter une sortie du gaz sur leur territoire. Les priorités annoncées portent sur les pompes à chaleur, les bornes de recharge électrique et des solutions dédiées aux artisans, industriels et agriculteurs de ces zones — un objectif qui rejoint, à sa manière, les 700 000 rénovations performantes visées chaque année d'ici 2030. Pour un propriétaire situé dans l'un de ces territoires, cela devrait se traduire par un accompagnement en ingénierie et en communication, sans que les montants d'aide individuels soient pour l'instant modifiés : le dispositif ne crée pas de nouvelle aide financière, il en facilite l'accès.

Rendez-vous début décembre pour les feuilles de route

D'ici au 1er décembre 2026, les 109 territoires doivent présenter leur feuille de route : un document qui détaillera, zone par zone, les actions retenues pour sortir du gaz et du fioul, et qui conditionnera l'ouverture effective des financements dédiés. C'est ce document, et non la liste dévoilée le 10 septembre, qui rendra le plan opposable à l'échelle locale. Une deuxième phase du plan national est par ailleurs annoncée pour octobre 2026, distincte du calendrier propre à ces territoires pionniers. Le gouvernement n'a pas précisé si les territoires non retenus cette année pourront candidater à cette seconde phase, ni selon quels critères elle sera ouverte.

Le calendrier complet de ce dossier tient en quatre dates :

  • Avril 2026 : présentation du plan national de 22 mesures par Sébastien Lecornu
  • 1er juin 2026 : clôture des candidatures des territoires
  • 10 septembre 2026 : annonce des 109 territoires retenus par Maud Bregeon
  • 1er décembre 2026 : remise des feuilles de route par chaque territoire