Habitation

Bâtiment : 700 000 rénovations performantes par an d'ici 2030

La trajectoire vise 700 000 rénovations performantes par an entre 2025 et 2030, dont 250 000 rénovations globales, et 61 % d'émissions du bâtiment en moins.

Une stratégie nationale bas-carbone publiée par décret en juillet

L'objectif de 700 000 rénovations performantes par an figure dans la troisième stratégie nationale bas-carbone, dont le décret n° 2026-636 du 16 juillet 2026 relatif aux budgets carbone nationaux a été publié au Journal officiel du 18 juillet. Le texte est donc publié, et c'est là qu'il faut être précis sur ce qu'il engage : une stratégie nationale bas-carbone est un document de planification, opposable aux décisions publiques et aux programmes de financement, mais elle ne crée par elle-même ni obligation ni sanction pour un propriétaire. Aucune amende n'y est attachée, aucun calendrier de travaux ne s'impose à un particulier au motif qu'un objectif y est inscrit. Sa portée est indirecte et néanmoins réelle : elle oriente les barèmes, les programmes de rénovation et les arbitrages budgétaires des années suivantes. La distinction compte pour lire les chiffres qui suivent, qui sont des cibles et non des règles.

Les paliers chiffrés pour le logement d'ici 2030

La cible d'ensemble tient en un pourcentage : 61 % d'émissions en moins pour le bâtiment en 2030 par rapport au niveau de 1990, puis 97 % en 2050, dans une trajectoire nationale qui vise la moitié des émissions de 1990 en 2030, soit 279 millions de tonnes équivalent CO2. Le chauffage résidentiel porte l'essentiel de l'effort attendu sur le secteur. Deux moyens sont chiffrés à côté du rythme de rénovation. Le premier concerne les chaudières au fioul, dont le parc devrait diminuer d'au moins 60 % entre 2023 et 2030, avec une disparition programmée ensuite. Le second porte sur les pompes à chaleur, avec 9 millions d'appareils installés dans les logements à l'horizon 2030, puis un million supplémentaire chaque année. Ces trois séries se tiennent : ce sont les mêmes logements qui changent de chauffage et qui sont isolés, et un rythme de rénovation insuffisant rend mécaniquement inatteignable la cible de parc de pompes à chaleur.

Les principaux jalons inscrits pour le logement à l'échéance 2030 :

  • 700 000 rénovations performantes par an entre 2025 et 2030, dont 250 000 rénovations globales
  • Baisse d'au moins 60 % du parc de chaudières au fioul entre 2023 et 2030
  • 9 millions de pompes à chaleur installées, puis 1 million de plus par an
  • 61 % d'émissions du bâtiment en moins par rapport à 1990

Ce que l'échéance 2035 change pour un logement

Deux repères sont fixés au-delà de 2030, et ce sont ceux qui parlent le plus directement à un propriétaire. Le premier est le raccordement de 5,8 millions de logements à un réseau de chaleur ou de froid décarboné à l'horizon 2035, alimenté par des énergies renouvelables ou par de la chaleur de récupération, celle d'une usine d'incinération ou d'un site industriel voisin. Pour un logement situé dans une commune desservie, cela signifie qu'un raccordement peut devenir, d'ici là, une alternative crédible au remplacement d'une chaudière individuelle, et le geste correspondant reste aidé aujourd'hui. Le second repère vise la disparition des logements classés F et G au diagnostic de performance énergétique entre 2035 et 2040. Cette dernière cible ne se confond pas avec le calendrier d'interdiction de location, qui relève d'autres textes et de ses propres dates : la stratégie fixe un horizon de parc, pas une échéance opposable à un bailleur.

Ce qui engage réellement, et à quelle date

Une trajectoire n'oblige personne à faire des travaux ; les textes qui obligent sont ailleurs, et ils avancent à leur propre rythme. Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 en est la traduction la plus concrète à ce jour pour les particuliers : depuis le 1er septembre, le parcours par geste de MaPrimeRénov' ne finance plus que la pompe à chaleur, le raccordement à un réseau, la dépose de cuve à fioul et l'audit énergétique, les autres travaux basculant vers la rénovation d'ampleur. Deux dates sont posées par ce texte, le 31 décembre 2027 pour la fin du sursis accordé aux logements F et G, et le 1er janvier 2028 pour l'obligation de rénovation globale et de diagnostic. Ce sont ces échéances, et non les cibles de 2030, qui déterminent ce qu'un propriétaire peut demander et à quelle date il doit avoir déposé son dossier. La stratégie, elle, n'a pas de rendez-vous de révision annoncé à ce jour.